Les thèmes des ateliers

Argumentaire et thèmes pour l’appel à communications

 

La question des interrelations entre usages de psychotropes et travail est une priorité des politiques publiques[1].
Depuis des années elle est mise au cœur des plans gouvernementaux « addictions » (MILDT 2006, 2009, 2011, 2013 et MILDECA 2015) avec la même analyse issue principalement de l’addictologie médicale et du droit. Sur le terrain, situant la problématique à l’interface de la vie privée et de la vie professionnelle, cette analyse engendre une complexité réelle.
Une partie très importante des acteurs économiques (employeurs, représentants des salariés et services de santé au travail) ne savent pas comment agir, considérant qu’il s’agit avant tout d’une question de santé publique. Et pourtant, en pratique, les mêmes acteurs, régulièrement confrontés à des situations-problèmes professionnelles, continuent à chercher les moyens d’action efficace[2].
L’état actuel des recherches en sciences humaines et sociales montrent qu’il serait temps de quitter l’approche qui objective les comportements en les incarnant dans des catégories de risques ou de personnes à risques pour appréhender ces phénomènes problématiques dans leur continuité et leurs interactions avec les champs et les objets sociaux, et notamment le travail.
Le déplacement de l’angle d’analyse de l’univers des problèmes sociaux des « populations problématiques » aux « dimensions problématisées », que proposent les sciences humaines et sociales, ne signifie nullement la négation des difficultés et des risques mais la nécessité de les conceptualiser différemment.
L’usage individuellement et socialement réglé de psychotropes est ambivalent. Il a toujours une double perspective : celle de la maladie et celle de la santé. Des études montrent que les psychotropes peuvent être « un moyen d’anesthésier l’inhibition liée à la peur » [Veil, 1964] : une conduite à risque se substitue à une autre, imposée par l’organisation du travail et les normes productives, perçue comme plus dangereuse. Pour comprendre et dépasser ces contradictions il faut regarder la manière dont le travail se transforme. 

[1] Interactions entre santé et travail, IGAS, Inspection générale des affaires sociales, Bensadon (A.C.), Barbezieux (Ph.), juin 2013 – http://www.igas.gouv.fr/spip.php?article321

[2] Avis présenté au nom de la commission des affaires sociales sur le projet de loi de finances pour 2014, TOME VI – TRAVAIL ET EMPLOI. Par M. Francis VERCAMER, Député – http://www.assemblee-nationale.fr/14/budget/plf2014/a1432-tVI.asp

 

Les thèmes et sous-thèmes proposés

 

Les usages de substances psychoactives se transforment

  • Les usages ont changé (les consommateurs, les produits, les environnements)
  • Les prescriptions médicales et sociales de SPA ont changé
  • La guerre à la drogue : métaphore, cadrage et dramatisation

Le travail se transforme

  • Que disent les sciences du travail sur le travail d’aujourd’hui ?
  • Management : flexibilité, qualité, intensification, évaluation
  • Les stratégies individuelles et collectives de défense

Les interrelations usages et travail

  • Pluralité et incertitude de l’expertise sur les effets des drogues au travail
  • Quelles « fonctions », pratiques et finalités des usages de PSA au travail ?
  • Entre prescription et auto-prescription : comment définir les cadres d’usage ? 
  • Travail et dopage : quels liens, quelles articulations ?
  • Travail et usages avec dépendance
  • Que disent les sciences du travail sur les usages de SPA des salariés et employeurs ?

Les modèles de prévention et le dépistage

  • Qu’est-ce que « prévenir » les usages ordinaires ?
  • Les questionnements et les concepts en prévention
  • Quels dispositifs de repérage et de prise en charge des consommations de SPA ?
  • Le dépistage des drogues : une « solution » ?
  • Le recours promotionnel aux chiffres et à l’expertise
  • Perceptions et justifications du dépistage chez les employeurs et les employés