Michel Rosenzweig

Biographie

Michel Rosenzweig est philosophe (histoire de la philosophie, Université Libre de Bruxelles) et psychanalyste. Il a travaillé dans le domaine de la recherche sur les psychotropes (drogues légales et illégales, médicaments) pendant de nombreuses années en se spécialisant dans la gestion des consommations, des comportements à risques, des dépendances et des addictions.

Michel Rosenzweig s’attache particulièrement à la dimension anthroposociale des usages de drogues dans une perspective géopolitique. Il a publié de nombreux articles et plusieurs livres sur cette question dont « Drogues et civilisations, une alliance ancestrale » (De Boeck Université, Paris Bruxelles, 2008), « L’envers de la drogue, une imposture démasquée » (Éditions Labor, 2001, épuisé, disponible en bibliothèques) et « Les drogues dans l’histoire, entre remède et poison » (De Boeck Université, Paris Bruxelles, 1998).

 

Focus sur son ouvrage « Drogues et civilisations, une alliance ancestrale » (De Boeck Université, Paris Bruxelles, 2008)

Cet ouvrage tente d’expliquer les fondements épistémologiques, anthropologiques, historiques et juridiques déterminant encore aujourd’hui nos pratiques sociales, politiques et thérapeutiques en matière de drogues. Pour Michel Rosenzweig, la question de la drogue est plus aujourd’hui une question d’anthropologie culturelle inscrite dans la dynamique géopolitique de l’offre et de la demande qu’une problématique prioritairement sanitaire, contrairement à ce que l’on continue à prétendre et ce, sans minimiser la réelle souffrance d’une partie des consommateurs qui précisément se soignent eux-mêmes, souvent inadéquatement, sans le savoir. De l’expérience contrôlée à la dépendance nocive pour l’individu, il y a non seulement une question de dosage et d’usage, mais surtout une affaire de motivations, de rencontres et de relations et plus encore une affaire de lien que l’on entretient avec les drogues (liens distants ou passionnels, liens utilitaires occasionnels ou nécessaires, liens avec soi-même ou avec les autres, etc.). Enfin, ces liens sont déterminés par des représentations et des contextes dans lesquels les drogues circulent et les individus vivent et évoluent avec leur désir et leurs pulsions.

L’effacement des frontières entre drogues et médicaments nous montre bien aujourd’hui que le remède peut ou peut ne pas se transformer en poison parfois redoutable, quel que soit le nom qu’on lui attribue. Entre les deux se trouve un espace individuel où la subjectivité rencontre les tensions inhérentes au quadruple impératif de la nouvelle modernité : productivité, consommation, autonomie et responsabilité. Une mission quasi impossible à atteindre qui débouche forcément sur un malaise. C’est au creux de cet espace que notre choix individuel et notre éthique résident à l’époque du risque zéro, de l’euphorie perpétuelle obligatoire et du bonheur sous ordonnance.

Toutes les sessions par Michel Rosenzweig